Le blog de Jean-Marc Massin

Le blog du conseiller général écologiste aubois Jean-Marc Massin

29 octobre 2009

Objectif 350 : changer ici pour nous sauver tous

350___Troyes            Samedi, nous étions seulement 35, place de l'Hôtel de Ville à Troyes, pour rappeler l'objectif 350 en vue du sommet de Copenhague dans deux mois. C'est un premier pas , mais on peut faire mieux.

Il s'agit, concernant le gaz carbonique dans l'atmosphère, de demander le retour aux 350 ppm pour éviter de dépasser les 2 degrés de réchauffement à la fin du siècle. Cette limite a été établie par les experts du GIEC ( Groupe International d'Experts sur le Climat ). Ce chiffre, 350 ppm, signifie 350 "parties par millions", mais nous en sommes actuellement à 380 ppm…

Mis à part quelques inconscients, ou irresponsables, plus personne ne conteste la réalité du réchauffement climatique. La banquise qui fond plus vite que ce qui était attendu, les évènements climatiques extrêmes ( vagues de chaleur, tempêtes, inondations ) qui se multiplient ou le niveau de la mer dont l'élévation est plus rapide que prévu nous indiquent que nous sommes dans le pire scénario envisagé par les scientifiques.

La machine climatique menace de s'emballer et les + 6° à la fin du siècle ne sont plus une vue de l'esprit. Or le changement climatique aura tué 300 000 personnes durant l'année 2009. Il y a donc tout lieu de changer radicalement ou au minimum d'opérer des modifications dans nos modes de vie.

                                                                       350_ppm_2

Alors que faire ? Déjà, soutenir les actions en cours. Pour la journée du 24, c'est trop tard, mais il y a d'autres initiatives possibles :

Signer la pétition en ligne sur le site "copenhague2009", ceci afin d'influer sur les négociateurs de Copenhague. Il est en effet important que des mesures de politique générale soient prises dans tous les pays de la planète, avec des engagements de réduction significatifs.

D'autres actions sont proposées, sur les sites 350.org, du wwf, ou du réseau action climat.

Localement il importe de demander des plans climats territoriaux, c'est à dire des plans d'action chiffrés : on mesure, on se fixe des objectifs et une liste d'actions à réaliser. Ceci au niveau de sa commune, de son groupement de communes et de son département.

On peut aussi assister à la conférence du 13 novembre d'Europe Ecologie à Troyes avec Sandrine Bélier et Eric Loiselet, spécialistes de la biodiversité et du Grenelle.

Et puis, on se doit de voter pour ceux qui veulent vraiment changer les choses, en proposant des objectifs chiffrés.

Pour soi-même, on peut s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Des sites peuvent nous aider, même si c'est un peu long et technique ( se munir des factures de gaz, d'électricité et du bilan kilométrique des véhicules ). Je cite entre autres : action carbone, enviro2b, le climat entre nos mains et urgence climat.

C'est tellement satisfaisant de mettre en accord ses actes avec ses idées.

La plus grande difficulté, c'est d'accepter de changer dans notre représentation du monde. La réduction des gaz à effet de serre est incompatible avec l'idéologie du "toujours plus" dans laquelle nous sommes plongés depuis notre enfance.

            Se forcer à penser réduction, économies, décroissance est plus ou moins frustrant selon les individus. Mais manger moins de viande permet de manger bio. Voyager moins loin dégage de l'argent pour autre chose. Utiliser son vélo le plus souvent possible procure détente et exercice. Les bienfaits des comportements écolos sont nombreux…

            C'est possible. Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Agissons avant que nous puissions plus revenir en arrière 350_ppm_3.

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08 septembre 2009

Taxe carbone : mal présentée, mal acceptée

Taxe_carboneEntre les membres de partis de droite qui veulent profiter de cette taxe pour compenser la disparition programmée de la taxe professionnelle et certains à gauche qui pratiquent l'opposition systématique ou la démagogie sous forme d'irresponsabilité écologique, il y a de quoi s'interroger sur ce nouvel outil fiscal.

Ajoutons à cela le silence Michel Rocard, qui défend mollement une mesure devant nous aider à lutter contre le réchauffement climatique, qui donne plus l'impression d'être manipulé par le pouvoir sarkozyste, et il alors n'est pas étonnant que les Français soient spontanément contre ce projet gouvernemental.

Rappelons quand même ce que devrait être la taxe carbone. Prônée par Nicolas Hulot et avant lui par les mouvements écologistes, cette taxe vise à payer plus cher ce qui est émetteur de gaz carbonique, afin de réorienter les comportements vers des choix plus favorables au climat de la planète : sobriété, énergies renouvelables, transports doux, …

            C'est par exemple une façon de réfreiner l'étalement urbain, en rendant progressivement le transport individuel plus coûteux. Le mieux serait une taxe carbone européenne pour éviter la concurrence au moins disant environnemental. On peut cepe,dant commencer à y réfléchir avant le sommet sur le climat de Copenhague, à l'exemple de la Suède qui a un système comparable d'un montant de 100 € la tonne. Cela serait un signal fort pour lutter contre la catastrophe climatique annoncée.

            Son montant devrait être de 30 € la tonne minimum, pour aller jusqu'à 100 € en 2030. Au dessous, l'impact de la mesure est peu sensible selon ses défenseurs. Maintenant, il est sûr que le produit de cette taxe doit corriger les inégalités de revenu, mais aussi les disparités en terme d'éloignement domicile-travail. Une redistribution en fonction de ces critères est indispensable pour éviter à la fois une forme d'injustice et une impopularité du dispositif.

            Mais cela ne suffit pas, car il faut proposer des alternatives aux modes de vie et de consommation les plus émetteurs de Gaz à Effet de Serre ( G.E.S. ). Une partie de cette taxe devrait donc être affectée au financement d'infrastructures telles que des trains pour la banlieue ou des bus pour le péri-urbain et aussi à l'aide à l'achat d'équipements moins polluants pour les ménages.

            Ceci, afin que ceux qui seraient frappés en premier par la hausse brutale des prix de l'énergie ne le soient pas plus durement encore.

            Des modifications importantes doivent donc être apportées au projet actuel :

_ travailler à la redistribution : car il faut que cette mesure soit acceptée pour être efficace. Les Français sont tous prêts à faire des efforts pour l'environnement à condition qu'ils n'aient pas l'impression que ce soient les plus défavorisés qui "trinquent".

_ taxer aussi l'électricité : car même le nucléaire contribue à émettre du CO² ( transport, construction, démantellement, traitement,... ) et le chauffage électrique comme la climatisation nécessitent des centrales thermiques fortement émettrices.

_ revoir le montant de cette contribution : car comme le dit Nicolas Hulot : "il faut être cohérent ( avec l'ampleur du problème ), il faut unniveau de 20 € au moins".

Surtout, il ne faut pas oublier que la menace climatique se précise. Il faut prendre de réelles mesures pour que le pire scénario ne voit pas le jour. La taxe carbone, rebaptisée Contribution Climat Energie ( C.C.E. ), est un des éléments pour lutter contre le risque d'emballement climatique. La rejeter en bloc reviendrait à "regarder la maison brûler".      Taxe_carbone2   

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11 juillet 2009

Ils sont tous devenus écolos

   Arbre_dans_maison  Depuis le succès des listes Europe-Ecologie le 07 juin, ils sont tous devenus écolos, et plus principalement la droite au pouvoir. Seulement, si la plupart des décisions vont dans le bon sens, il y a encore loin à une vision écologiste globale. Les concessions aux différents lobbies  du tout routier, du nucléaire ou de l'agriculture industrielle par les politiques en place empêchent  souvent les intentions initiales d'atteindre leurs buts.

            Au niveau européen, si un Xavier Bertrand a pu mettre en avant le paquet climat-énergie des 3 fois 20 ( 20 % de renouvelables, 20 % d'économie et 20 % de GES en moins d'ici 2020 ) on n'atteint pas encore les 3 fois 30 demandés par les experts du réchauffement climatique. Et diverses concessions faites aux Etats inquiètent sur la portée réelle des engagements à venir : à la Pologne pour son charbon, à l'Allemagne pour ses grosses cylindrées, à l'industrie pour la possibilité d'acheter des "droits à polluer", …

            Concernant la France, si le Grenelle est une avancée incontestable, surtout en ce qui concerne la méthode, le fait d'avoir exclu le nucléaire de la discussion ne permet pas de changer radicalement la donne comme il faudrait pourtant le faire. Le nucléaire a longtemps absorbé 99 % des crédits publics de la recherche sur l'énergie, et si on approche maintenant les 90 %, les mesures mises en avant récemment ne vont porter la part des renouvelables qu'à près de 20 %. Il n'est donc pas encore venu le temps où Sarkozy vendra une centrale solaire à la Libye… Et il faudra encore longtemps achetre nos éoliennes et nos panneaux sol        aires hors de France.

            Au niveau régional, c'est encore le nucléaire qui est au centre de l'actualité, avec le choix de l'Aube pour accueillir un troisième centre de stockage. La prise de conscience écologique n'a pas atteint certains territoires où le fait d'enfouir des radionucléides n'est pas considéré comme une pollution, mais comme une chance. Et les élus locaux, majoritairement de droite, ne voient pas non plus la contradiction qu'il y aurait à installer ce centre FAVL à proximité du Lac du Der, ou du Parc Naturel Régional, en plein couloir de passage d'oiseaux migrateurs… Quant aux impacts sanitaires ou à la mauvaise image donnée au Champagne, difficile d'en faire état.

            Dans l'Aube, il n'y a qu'à constater les réactions au sein du Conseil général quand j'essaie d'aborder les problèmes des pesticides et l'alternative de l'agriculture biologique. Les agriculteurs, tous de droite, dominent la commission environnement et le Président Adnot est rarement le dernier à balayer d'un revers de manche les propositions qui vont à l'encontre du modèle dominant. Et peu importe si mes arguments liés à la problématique santé-environnement s'appuient sur des études scientifiques… On va même jusqu'à mettre la faim dans le monde sur le dos de la Bio.

            Quant à l'agglomération troyenne, un seul exemple suffira à nous indiquer qu'il y a encore loin à ce que l'écologie fasse réellement son entrée dans les instances dirigeantes : la référence régulière au projet dépassé d'autoroute Troyes-Auxerre-Bourges. Bien que retiré du calendrier pour cause de Grenelle, ce projet figure encore dans les souhaits des élus. On en retrouve des traces récentes dans le Plan d'Action Communautaire ou dans les travaux préparatoires du SCOT. Et je ne parle pas de la lenteur des réalisations cyclables ou des voie bus en site propre qui se font attendre… Et pendant ce temps là le réchauffement climatique continue.

            Bref, si tout le monde emploie le langage du développement durable, les vieux réflexes perdurent. Et il faudra bien attendre le remplacement de cette classe politique par une plus sensibilisée à l'écologie pour voir enfin une réduction de nos impacts sur l'environnement et de nouveaux modes de vie se mettre en place. Ecolos_pinnochio

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21 mars 2009

Rapport Balladur et Conseil général : tout n'est pas à jeter

2009_03_Rapport_Balladur     Au début du mois de mars, nombre de mes collègues ont émis des objections fortes concernant le rapport Ballladur, que ce soit dans la presse, ou lors d'une séance privée. Pour ma part, je pense qu'il faut d'abord réfléchir, étudier et ne pas adopter des postures de rejets qui s'apparentent pour ma part à de fortes résistances au changement.

            En effet, il serait temps de s'attaquer véritablement au "mille-feuille administratif français et à ses 7 niveaux d'empilement. Cela est source de confusion et de coûts financiers, et nous sommes les seuls en Europe à être aussi compliqués. A la veille du scrutin européen, regarder ailleurs pourrait nous aider être plus objectifs.

            Tout d'abord le mode de scrutin. Je comprends que des collègues soutiennent celui qui leur a réussi, basé selon eux sur le travail et la compétence personnelle, alors qu'il s'agit souvent du fruit de circonstances ou d'une communication adéquate. Je trouve pour ma part que les élus sont plus enclins à écouter les lobbies qu'à étudier les dossiers pour en avoir une connaissance impartiale… Communiquer n'est qu'une partie du "travail d'élu", et je peux témoigner que ce "métier" s'apprend et que la réélection est plus facile quand on "tient" certaines positions.

            Le scrutin uninominal par canton génère une forme d'inéquité. Les petits mouvements et les femmes, par exemple, sont sous-représentés. Ainsi dans l'Aube, les conseillers généraux liés aux milieux agricoles sont surreprésentés, et en France il n'y a que 20 conseillers généraux écologistes alors que le développement durable est de plus en plus pris en compte par nos concitoyens.

            C'est pourquoi un scrutin avec plus de proportionnelle et un redécoupage des cantons serait plus représentatif de la diversité des opinions et des projets de société.

            Ensuite, il y a aussi l'élection au suffrage universel direct des présidents d'agglo ou de communautés de communes. Certains sont contre, mais en tant que citoyen je préfère voter pour quelqu'un qui va me proposer son projet pour le secteur où je vis. Dans le cas actuel, je trouve que cela fait un peu "bricolage entre élus", et que les élus de deuxième niveau sont plus tentés de gérer que de faire de la politique.

            Ainsi sur ce sujet, je partage le point de vue de mon collègue Nicolas Dhuicq, qui estime que la politique est un "art noble". En tant qu'écologiste, je pourrais voter en comparant les projets et choisir celui qui prépare le mieux l'avenir en préservant la planète.

            Il y a bien sûr des aspects négatifs, comme la disparition des pays (loi Voynet), mais j'ai trouvé que décidément mes collègues élus ont le pied sur le frein sur le sujet de l'administration et de l'aménagement du territoire.

            Peut-être que certains ont plus à perdre que d'autres au changement, alors qu'il faudrait voir ce que le citoyen et la France ont à y gagner.

            

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13 septembre 2008

Pour un automne sans Cabrol ni Allègre

2008_09_Cabrol_ClimatAlors que les chercheurs nous informaient que 2007 a fait partie des années les plus chaudes depuis un siècle et que le réchauffement climatique pourrait s'accélérer du fait de la fonte du "permafrost", le sous-sol gelé en permanence à proximité du pôle nord, le tandem Cabrol-Allègre a encore profité de l'été pour étaler ses propos irresponsables.

Passons rapidement sur Claude Allègre, car sa qualité de "scientifique" devrait l'incliner à plus de modestie. Lui qui croit qu'il suffit d'être seul contre tous pour     avoir raison a oublié qu'il est surtout expert en cailloux lunaires et sol martien, mais surtout pas en climat. Son argumentation sur ce thème est inquiétante : il suffit de croire à l'évolution des techniques pour que demain nous apporte les solutions aux problèmes présents ( et de prier fort ? ).

La science, ce n'est pas ça. C'est la doute et le questionnement qui aboutissent à des hypothèses, que l'on vérifie ensuite avec des données physiques. Et dans le cas du climat, les experts affirment que le réchauffement est à 95 % d'origine humaine… Il y a bien les 5 % restant. Mais vu la vitesse de fonte des glaciers, il vaut mieux miser sur une politique de lutte que sur la croyance en la toute puissance de la technoscience.

Quant à Laurent Cabrol, il est évident que sa qualité de présentateur de la météo n'en a pas fait un météorologue. Il n'y a qu'à voir le contenu du site de Météo-France sur le climat pour constater qu'il n'y a rien compris s'il a pris la peine de le lire.

Pour aller vite, nous dirons que l'ex-star du téléshopping a trouvé une astuce pour faire parler de lui. Mais alors, pourquoi les médias ont-ils invités aussi souvent ces deux illuminés ? Et sans contradicteurs le plus souvent.

Je pense que l'aspect "audience" est responsable de cela. Il est bon pour l'audimat d'inviter des "trublions", afin de faire du spectacle. Pour ma part, je suis très déçu du peu de conscience des programmateurs. Alors qu'il faut rapidement faire face à ce qui est un réel danger pour l'espèce humaine si le phénomène s'amplifie, on met l'accent sur ceux qui disent qu'il faut continuer à mettre la tête dans le sable.

Les objectifs du GIEC ( Groupe d'Experts Internationaux sur le Climat ) sont assez clairs : diviser nos émissions de GES par 4 d'ici 2050. Cela signifie réduire de 15 % tous les 6 ans, ou de 3 % tous les ans.

Dans ce blog, je développerai cet objectif avec des exemples de départements et communes, sans oublier ce que nous pouvons faire à notre propre niveau.

Prendre son avenir en main, c'est autre chose que de s'agiter pour ne rien faire.     2008_09_Eoliennes

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01 juin 2008

Date de la commémoration de la fin de la Guerre Algérie

   2008_06_guerre_d_Alg_rie         Alors qu'il y a de moins en moins de personnes aux monuments aux morts, la querelle entre les partisans du 18 mars et ceux du 05 décembre continue, masquant l'indifférence quasi générale pour ce conflit et par là-même les responsabilités de la France.

            Personnellement, en début de mandat, j'étais plutôt partisan du 19 mars, car on marquerait ainsi l'aboutissement des pourparlers d'Evian. Mais maintenant, je préfère la date du 25 septembre, journée des harkis depuis 2001.

Cette date est aussi celle de la naissance de la "république algérienne", marquant aussi la fin d'une période trouble pendant laquelle les combats n'ont pas tout à fait cessé, avec divers groupes locaux qui s'affrontaient pour contrôler les territoires que la France laissait. Ainsi, de nombreux assassinats de harkis ont été perpétrés avec comme seuls motifs la vengeance, la rancœur ou le défoulement.

            Pour les autres dates, celle du 05 décembre ne correspond à pas grand chose selon les historiens. Mais d'autres auraient pu être retenues, comme le 17 juin, date où l'OAS a cessé ses exactions après des négociations avec le FLN, ou encore le 03 juillet, date de la reconnaissance de l’Etat algérien par la France.

            Il faut aussi se rendre compte que le désaccord sur les dates recoupe un clivage politique : la majorité de la gauche est favorable au 18 mars, et la droite est pour le 05 décembre de façon unanime. Cela remonte aux années 60, mais si on se focalise sur cette mésentente on risque d'oublier trois points essentiels dans ce conflit :

_ cette guerre a duré 8 ans, a débuté en 54, et est caractéristique d'une mauvaise décolonisation, qui a aboutit à 300 000 morts du côté algérien et 30 000 du côté français ;

_ dans ce conflit, la France joue le rôle de l’occupant, voire de l’envahisseur si on remonte au 19° siècle

_ après le contrôle du territoire par l'armée en 57, le FLN s'est radicalisé par élimination des plus démocrates de ses membres

Je pense donc que si on avait accordé son indépendance plus tôt et plus progressivement à l'Algérie, un gouvernement plus progressiste aurait commencé à gérer la nouvelle république, le développement aurait pu être plus démocratique. Et au final les récents affrontements entre l'armée et les intégristes n'auraient pas pu se dérouler dans un véritable Etat de Droit.

Je ne m’étendrai pas dans un blog sur la torture ou les responsabilités du gouvernement Mendes-France. Mais j’insiste pour que ceux qui ont un avis tranché sur la question de la date de célébration essaient de comprendre mon point de vue qui est de se rappeler qu’il y a eu dans ce conflit surtout des drames humains.

Donc il n’y a pas de quoi être fier de la façon dont s'est fini ce conflit. Et si on doit choisir une date, autant que ce soit celle qui permette de réparer des tords passés. D'où mon choix pour le 25 septembre.

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17 mai 2008

O.G.M. : quels risques pour l'Aube ?

2008_05_Stop_OGM2

Dans un article du 15 mai de l'Est-Eclair, tous nos parlementaires aubois ont trouvé le texte de loi en débat nationalement "équilibré".

Cela me fait réagir, car ce texte instaure de fait la culture des OGM sans précaution face au risque de dissémination. C'est-à-dire qu'il n'est pas possible d'empêcher que le vent n'emporte des pollens contenant des gènes modifiés à des kilomètres d'une parcelle OGM et ne contamine des cultures voisines.

Il serait donc très difficile à l'avenir de produire sans O.G.M. si ce texte est adopté dans l'état. Les Appellations Contrôlées et l'Agriculture Biologique sont directement menacées, alors que les Français sont de plus en plus nombreux à se tourner vers ces produits de qualité. Et si localement la Bio est assez peu développée, nous devons protéger notre Champagne et notre Chaource qui sont des A.O.C.

En réalité, il n'y a pas équilibre dans les arguments utilisés. Et ce qui est scandaleux dans la forme est de mettre au même niveau le fait de ne pas connaître les risques à long terme d'ingestion d'OGM sur la santé et la possibilité d'utiliser moins de pesticides sur ces plantations. Car dans le premier cas, il n'y a pas de retour en arrière possible. Quand les gènes sont dans la nature, on ne peut plus les retirer, ils vont se croiser, se recroiser et se reproduire

Après l'exemple de l'amiante, où des scientifiques payés par les industriels ont fait croire à l'innocuité du produit, la santé des personnes devrait être le critère premier.

Or la firme Monsanto refuse de communiquer les résultats des tests sur les rats ayant absorbé du MON 863. De plus des expériences en Italie ont été arrêtées sur demande hiérarchique, alors qu'on avait commencé à constaté ds changements au niveau du foie de rats ayant ingéré des OGM…

Face à de tels doutes, l'argument utilisé par le Sénateur Adnot sur le risque que les autres pays ne prennent de l'avance dans ce domaine des biotechnologies devrait être de peu de poids. Les dizaines de milliers de morts de l'amiante devraient nous faire réfléchir.

Il faut donc encore approfondir les recherches avant d'autoriser la coexistence, qui conduit inexorablement à la contamination.

Il faut arrêter de privilégier l'intérêt financier des grandes firmes nationales contre l'avis de la majorité ( 58 % des Européens et 70 % des Français ), et contre la santé en général.

Le principe de précaution devrait trouver ici à s'exprimer pleinement.

2008_05_Stop_OGM

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15 février 2008

Le logement social

2008_02_Logement_social2Tout d'abord, il me faut rappeler que se loger est une nécessité, sinon un droit. Et la moitié des Français gagnent moins de 1 500 € net par mois. Il faut donc essayer de donner à chacun un toit pour se loger décemment sans se ruiner. Ce n'est pas forcément une position de gauche, c'est surtout une position humaniste.

Dire qu'on va construire des logements sociaux fait parfois peur. Certains craignent que "toute la misère du monde", avec son lot d'incivilité, voire de délinquance ne s'installe dans son quartier ou son village, si des locatifs sont construits. L'expérience montre qu'il n'en est rien si les choses sont bien faites. C'est-à-dire qu'il ne faut pas grouper les personnes en difficulté, et il faut aussi mettre en place des actions de prévention.

            

L'exemple de Sainte-Savine, ou d'autres communes montre que réserver jusqu'à 20 % des logements dits "sociaux" est possible sans souci majeur. En effet, quand des personnes moins "intégrées" en côtoient d'autres qui ont plus tendance à respecter les règles, alors le comportement du groupe majoritaire tend à s'imposer naturellement. Pour résumer, l'intégration est plus facile quand il y a mixité sociale.

            La tendance aux incivilités est alors résiduelle, et l'embauche d'éducateurs est le plus souvent suffisante. Que ce soit pour mettre ne place des activités sportives ou un suivi plus spécifique, mon expérience Maire-Adjoint chargé de la Sécurité, et donc de la prévention, montre que cela fonctionne.

            Ensuite, le logement dit "social" n'est pas forcément inesthétique. Les maisons jumelées construites au Hamelet récemment, ou les nouveaux petits collectifs de La Rivière de Corps le montrent. L'habitat locatif n'est pas forcément synonyme de barres et de tours.

Et enfin, on peut aussi faire des constructions environnementales, ou énergétiquement économes. Cela permet à la fois d'abaisser les charges et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. On commence déjà d'ailleurs à installer des chauffe-eau solaires qui réduisent la facture d'eau chaude de moitié. Des bâtiments mieux isolés permettent aussi de baisser les charges, ce qui est nécessaire pour les faibles revenus.

Le logement social n'est donc pas un problème. C'est une solution pour ceux qui ont besoin, et cela permet aussi de maintenir les effectifs des écoles.

En cette période, il est utile de rappeler que cette solidarité est une nécessite pour le développement durable.

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03 décembre 2007

Anciens combattants : pour un musée départemental

2007_11_V_R_sistance_AubeConcernant les diverses célébrations auxquelles un élu est amené à participer, il y a deux positions opposées. La première, plutôt rare, est de dire que c'est inutile car on commémore des massacres. La seconde, bien plus répandue, est de participer au plus grand nombre d'entre elles.

Pour ma part, je crois que ce qu'on appelle "devoir de mémoire" est nécessaire. Mais celui-ci doit se faire de façon raisonnée et non affective. En effet, il s'agit à mon avis de se souvenir du passé dans la perspective de construire l'avenir, et donc de tirer les leçons des erreurs de nos prédécesseurs. D'où la nécessité de la perspective historique qui ne peut être localement proposé que dans un musée, c'est à dire avec le recul nécessaire.

Il faut bien reconnaître que la commémoration devant les monuments aux morts n'a pas le vent en poupe, même au 11 novembre. Quelques écoliers sont présents grâce aux recommandations de leurs enseignants, quand ceux-ci ont pris conscience de cette nécessité. Mais les jeunes du collège ou du lycée sont absents, alors que c'est l'âge où se développe l'esprit critique.

Il s'agit surtout de se rappeler que des anciens ont donné leur vie pour défendre la liberté, contre l'oppression nazie en particulier. Et je me méfie des positions trop marquées, que je sens poindre dans les positions extrêmes comme l'apologie de la guerre ou la croyance dans un pacifisme absolu.

Il faudrait peut-être alors essayer de regrouper les diverses cérémonies dans une "journée nationale du souvenir", même si l'accord sur la date s'avère difficile. Ce serait mieux que de rajouter une célébration aux combats d'Indochine qui intéresse encore moins de personnes que les cérémonies plus classiques.

Si pour les deux guerres mondiales, les dates ne posent pas de problème, il y a maintenant le cas particulier de la guerre d'Algérie. Outre le fait qu'il s'agit d'une guerre de décolonisation, la date de célébration de fin de guerre ne fait pas l'unanimité.

Pour l'une des fédération, la FNACA, il faut choisir le 12 mars, car c'est la date du cessez-le-feu. Mais pour les AFN, il faut retenir le 05 décembre, car il y a eu des combats entre ces deux moments. Pour ma part, je ne choisirais pas, car il y a eu des exactions dans les deux camps, armée française et FLN, et cette période n'a pas grandi l'espèce humaine.

Par contre le sort que l'on a réservé aux harkis m'a choqué, et ma position personnelle est que l'on célèbre la fin de la guerre d'Algérie le 25 septembre. Cela ne changera rien, mais je ne souhaite pas que l'on oublie ce qui a été une vraie guerre, comme l'on été toutes les interventions à l'extérieur de la France depuis, de la Yougoslavie au Koweit.

Et ce devoir de mémoire trouverait toute sa place dans un "Musée de la Mémoire". L'idée est la suivante : pour réduire les coûts de fonctionnement d'une telle structure, on pourrait dans un même bâtiment grouper tous les thèmes du XXème siècle, de la bonneterie à la résistance, avec une place pour la décolonisation.

Les épisodes des maquis de St-Mards en Othe, de Mussy Grancey ou des commandos M dans le nord-est ne sont connus que des passionnés. Bien structurées depuis 1943, ces forces ont eu un rôle important lors de la libération, et nombreux sont ceux qui l'ignorent. Ceux qui ont connu cette période ont maintenant tous plus de 80 ans.

Il est donc urgent de se mobiliser pour qu'un tel musée voit le jour dans l'agglomération de Troyes. Ceci pour permettre des coûts de déplacement raisonnable, afin que les classe du second degré puissent faire ce travail de mémoire.2007_11_V_R_sistance_Aube2

Un financement Etat / Conseil général / Agglomération est indispensable.

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