05 février 2012

Adnaud - Arnot même combat ?

  pouvoir_partag_       Malgré son titre accrocheur, cet article ne vise pas à critiquer particulièrement des personnes. C'est avant tout un article de fond, qui a pour but de proposer des solutions à un problème très courant à la tête de nos exécutifs, à savoir l'accaparement du pouvoir.

         A partir de constatations faites lors de mes mandats d'élu, je souhaite aussi mettre en avant le chemin (parfois très court) qui fait qu'un citoyen ordinaire, qu'un homme courtois et civilisé, en dehors du cénacle politique, devient une personne qui ne tient plus compte des propositions différentes et qui voudrait que tout le monde pense comme lui.

         Ce phénomène est plus courant qu'on ne le pense, la crise de colère récente du premier magistrat de Nogent en est la preuve, les opposants au pont de la Moline en savent aussi quelque chose, et le nombre de petites communes où le maire pratique l'exercice solitaire du pouvoir alimente régulièrement les journaux locaux.

 

         L'idée m'en est venue suite à la dernière séance du conseil général, pendant laquelle le président du conseil général a refusé de répondre à une de mes questions. Peu importe le pourquoi. Ce qui m'a le plus choqué, ce sont les sourires amusés sur les visages de certains de mes collègues de la majorité. Parallèlement, j'ai aussi compris pourquoi Alain Coillot pouvait être parfois énervé de ne pas obtenir de réponse dans l'assemblée municipale savinienne. Là encore, ne nous perdons pas dans les arguments de forme avancés par les diverses majorité pour ne pas répondre.

         Il y a réellement un problème de fond, et le parallèle ne s'arrête pas là. A gauche comme à droite les décisions sont le plus souvent prises par quelques uns, le cercle des proches du chef de l'exécutif. 

         A droite comme à gauche, les marges de manœuvres ne sont pas discutées avec l'opposition. Celle-ci a la parole une fois que tout est décidé. Et on cherche en vain une réelle démocratie dans laquelle l'opposition pourrait jouer son rôle de proposition.

         Et à gauche comme à droite, si un membre de la majorité n'est pas suffisamment docile, il est poussé vers la sortie. L'exemple de Dhuicq pour le poste de conseiller général, mais aussi le mien pour celui de maire-adjoint, présentent des similitudes troublantes.

         Le moins drôle, c'est les insultes quand le chef est en difficulté, traduisant un manque de respect évident pour celui qui pense différemment… (Ayatollah et Pol-Pot de l'écologie sont mes "meilleurs" souvenirs).

 

         Passons. Je ne fais pas une fixation sur ma personne. Il s'agit d'un constat trop général qui fait que j'en suis venu à détester la politique traditionnelle, avec deux clans qui s'affrontent souvent brutalement et des comportements qui ne relèvent pas le niveau du débat.

         Mais comment on est on arrivé là ? Pourquoi ce manque de respect, signe évident d'un déficit démocratique ne suscite rien d'autre qu'un désintérêt croissant des citoyens pour la politique ? Pour ma part, je chercherai des éléments de réponse dans d'autres pays où la culture politique est moins centralisatrice.

         En effet, la France est un des rares pays où un individu peut cumuler autant de pouvoirs : le chef de l'exécutif est aussi le chef du groupe majoritaire, ainsi que le chef de l'administration. Cela est vrai en ce qui concerne les maires, les présidents de conseils généraux et régionaux, mais aussi les présidents d'intercommunalité (qui ne sont pas élus au suffrage universels…). En outre, ces chefs détiennent des moyens importants de communication pour vanter les mérites de la politique mise en place.

         Ajoutons que la nature de l'homme ne le pousse pas au partage. Le partage, du pouvoir  comme des richesses, ne peut être que culturel, c'est à dire la conséquence d'une éducation. Et personnellement, je ne sais pas si je ne serai pas devenu comme ceux que je critique si je n'avais pas eu mes propres garde-fous, familiaux et associatifs entre autres.

 

         Le problème étant donc le partage du pouvoir, ce sont des solutions de ce type que je propose. Tout d'abord, il faut découpler la fonction politique et la fonction administrative du chef de collectivité. C'est le cas en Allemagne, et cela ne leur pose pas de problème particulier.

         Ensuite, il importe de passer à la proportionnelle. Cela permet à la fois de représenter les minorités, et qu'un groupe élu avec seulement 30 % des voix au premier tour ne croit pas qu'il représente la majorité des citoyens, comme c'est le cas avec la prime majoritaire du 2ème tour.

         Il faut aussi donner de réels moyens pour les groupes politiques est une nécessité. Cela devrait permettre à ceux-ci d'affiner leurs propositions, car il faut du temps pour étudier et chiffrer des alternatives aux orientations de la majorité, qui bénéficie des services de la collectivité.

         Enfin, il importe de travailler à mettre en place une culture du travail en équipe, car c'est trop souvent la "sous-culture du chef" qui prévaut. Pour cela, il faut commencer dès l'école, et poursuivre jusqu'à l'université, pour apprendre beaucoup plus aux futurs citoyens à travailler en groupe.

 

         Voilà quelques pistes de solutions. Certes, on ne changera pas la nature de l'homme, on n'évitera pas que certains se comportent automatiquement comme des chefs de famille ou de clan.

         Mais c'est dès aujourd'hui que la valeur de partage du pouvoir doit être prônée.

 

        

 

 

Posté par giemm à 11:36 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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