27 septembre 2009
PNRFO* et Conseil général : alibi ou laboratoire ?
Je n'en suis pas encore revenu. C'est sans sourciller que mes collègues Conseillers généraux ont voté comme un seul homme l'engagement pour un plan climat et la possibilité d'installer une centrale solaire photovoltaïque lors du Comité syndical de lundi 21 septembre.
Signalons que mes collègues Conseillers généraux, qui sont les plus nombreux au sein de cet organe décisionnel, et tous de droite faut-il le préciser, n'ont à aucun moment soutenu mes propositions écologiques au sein de l'assemblée départementale. Je me rappelle encore comment un dossier sur le réchauffement climatique, argumenté en commission Environnement en 2005, avait été enterré poliment, après une écoute attentive, mais somme toute fort hypocrite.
Je ne m'étendrai pas sur le revirement du Président Adnot, qui collectionne les inaugurations de parcs éoliens après avoir précisé que le département ne ferait rien pour cette énergie coûteuse et inutile… Mais j'ai encore en souvenir la référence qu'il fit à Allègre et le déni du défi climatique à relever quand j'ai demandé un engagement du département sur ce dossier, il y a moins d'un an.
Je ne sais pas comment peuvent faire ces "bêtes de la politique" pour ne pas avoir de problème de conscience en faisant régulièrement ce type de "pirouette". Car il a voté, lui aussi, sans hésitation.
Maintenant, quelle est la cause de ces changements notables au sein du PNRFO ?
Ça ne peut quand même pas être mes interventions répétées pour initier un Volet Energie à la nouvelle Charte du Parc… restons modeste.
Ce n'est certainement pas l'influence d'un Roche ou d'un Dhuicq, tous deux nucléocrates convaincus… je ne me souviens pas qu'ils se soient précipités pour appuyer mes propositions.
Cela ne peut être un effet des européennes, car c'était dans les tuyaux avant la poussée électorale écologiste.
Il y a sans aucun doute le travail des Amis du Parc, l'association locale dynamique qui défend l'environnement depuis plusieurs dizaines d'années avec la détermination qu'on lui connaît.
Il y a aussi l'influence réelle de maires de communes, ou des Présidents qui se sont succédés et qui ont tous eu une sensibilité réelle pour ces questions.
Il y a enfin, le long et minutieux travail des "fourmis du Parc", les techniciens et chargés de mission, qui portent depuis des années cette identité de Parc NATUREL.
On aboutit donc a un aménagement du territoire surprenant, pour ne pas dire schizophrène, pour un Conseiller départemental. Sur une petite partie du territoire il est possible d'engager des innovations écologiques, alors que sur le restant on ne se prononce pas en ce sens.
Bref, ici on suit la prise de conscience des citoyens, et ailleurs on maintient des fonctionnements conservateurs et des idées qui datent des années 70.
On a donc à la fois l'alibi et le laboratoire.
* PNRFO : Parc Naturel Régional de la Forêt d'Orient
21 septembre 2009
Europe écologie : l'espoir pour les régionales
Depuis peu, la donne a changé. La société est de plus en plus sensible aux problèmes globaux que nous rencontrons. Et les citoyen regardent plus sérieusement du côté de l'Ecologie politique pour trouver des solutions à la crise actuelle.
Ceci grâce en particulier aux bons résultats récents d'Europe-Ecologie, fruit du rassemblement d'associatifs, de personnalités écologistes et de l'ouverture des Verts.
Remarquons que l'assemblage de ces différences a abouti à une addition. C'est donc ce que nous allons tenter de continuer : le rassemblement pour une société plus juste, plus solidaire et plus durable.
C'est à Nîmes que j'ai clairement senti ce vent nouveau. Nous étions nombreux à partager le désir d'écologiser la société, qui passe aussi par les prochaines échéances électorales.
Et après ? Avec qui gouverner ? Quelles alliances ?
Et bien on verra après le premier tour. Le principal c'est déjà de faire des listes écologistes et de travailler ensemble le programme. D'abord ce qu'on veut faire, avec nos différentes sensibilités.
Quelle Champagne-Ardenne écologiste voulons nous ? Quelle agriculture favoriser ? Ou encore comment réorienter mieux articuler formation et emploi ?
Et pour les places en cas de fusion de listes, et bien on verra en fonction des scores du premier tour. Comme ça, finit le "dialogue de sourds" avec le grand frère socialiste et les jalousies de la part de la gauche de la gauche.
Nous, on veut travailler l'écologie dans toutes ses dimensions : solidarités, éducation, santé, formation, transports, énergie, bâtiment, agriculture, …
Il y a de quoi faire dans notre région dominée par l'agriculture intensive, alors que des espoirs se dessinent avec le parc éolien ou la filière bois.
Et on invite tous les écolos à nous rejoindre. Car quand je discute avec une personne qui se déclare écologiste, je sens bien que ce qui nous rapproche est important et que nous avons souvent les mêmes intérêts ( moins polluer, manger sain, réduire ses émissions de CO², éduquer les jeunes au respect de l'environnement, etc… ).
Nous sommes de plus de plus nombreux à avoir ces préoccupations. C'est ça le dénominateur commun, bien avant le "on est de gauche" et encore moins le "on est contre Sarko".
Sinon, on travaille à l'envers, comme on l'a trop souvent fait. Et c'est parce que Sarko fait semblant sur la taxe carbone qu'on est contre son style "homme providentiel". Et c'est parce que la droite laisse les banquiers recommencer à jouer au Monopoly qu'on est "plutôt de gauche".
Donc travaillons à l'endroit : on se rassemble, on fait le programme, on le soumets aux électeurs pour voir combien sont d'accord, et ensuite seulement on cherche des alliés pour appliquer le plus possible de nos propositions.
Et si l'alliance a une couleur arc-en-ciel, et bien tant mieux ! Car c'est la couleur de la paix….
14 septembre 2009
Taxe carbone : l'écologie "Canada dry"
Ça en porte le nom. ça en a la forme. Ça ressemble à la taxe carbone. Mais ce n'est pas la taxe carbone. Ou plutôt c'est insignifiant pour orienter les comportements vers des modes de consommations plus favorables au climat.
Ceci pour 5 raisons principalement :
1. Le montant d'abord. 17 € la tonne, c'est 4 à 5 centimes à la pompe. Soit moins que les fluctuations saisonnières. Donc pas de quoi inciter à consommer moins de pétrole. Le signal n'est pas clair et on a encore manqué une occasion d'orienter l'économie vers plus d'écologie, comme le font déjà les pays nordiques et la Grande-Bretagne.
2. L'électricité en est exclue, ce qui est une erreur majeure. En effet, on va encore continuer avec le chauffage électrique qui est une aberration car il n'y a que 30 % de l'énergie du combustible qui est restituée par le radiateur. De plus, cela coûte cher aux locataires les moins fortunés qui n'ont pas les moyens de bénéficier de logements suffisamment isolés.
3. Même si la restitution de la taxe existe, elle ne sera pas différente en fonction des revenus. Les hauts salaires continueront donc majoritairement à ne pas avoir conscience de la nécessité de préserver les énergies fossiles et on restera dans un système fiscal inéquitable à cause des choix de ce gouvernement.
4. L'industrie est aussi exclue du dispositif et cela pose problème car le système de quota d'émissions comporte tellement d'exemptions que cela est très insuffisant pour réduire sensiblement les gaz à effet de serre dans ce secteur. ( 20 % des émissions ). Pourtant la suppression de la taxe professionnelle était l'occasion de demander des efforts en contrepartie.
5. Enfin, la taxe aurait pu être étendue à d'autres gaz, comme le dioxyde d'azote, ou le méthane, fortement émetteur. Ainsi des secteurs comme l'agriculture ( 1/5° des émissions ) auraient pu progressivement réduire leurs émissions.
En définitive, on a une vraie "fausse taxe carbone", et certainement pas une Contribution Climat Energie.
Et le seul point clair est de tenir compte de l'éloignement et de la composition de la famille pour la redistribution. Mais le gouvernement français vient de donner un signal négatif à la veille de la conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique.
Comment inciter les autres pays à faire face à la menace climatique quand on adopte soi-même des mesurettes, quand on n'a pas la volonté de lutter réellement ?
Je ne m'étendrai pas sur le discours sans les actes. Dans la droite ligne de celui qui regardait la maison brûler sans rien faire, le président Sarkozy nous a démontré qu'il est dans les faits plus soumis aux lobbies en place que celui qui prépare l'avenir.
A quand des mesures écologistes en plus des paroles à la mode écolo ?
08 septembre 2009
Taxe carbone : mal présentée, mal acceptée
Entre les membres de partis de droite qui veulent profiter de cette taxe pour compenser la disparition programmée de la taxe professionnelle et certains à gauche qui pratiquent l'opposition systématique ou la démagogie sous forme d'irresponsabilité écologique, il y a de quoi s'interroger sur ce nouvel outil fiscal.
Ajoutons à cela le silence Michel Rocard, qui défend mollement une mesure devant nous aider à lutter contre le réchauffement climatique, qui donne plus l'impression d'être manipulé par le pouvoir sarkozyste, et il alors n'est pas étonnant que les Français soient spontanément contre ce projet gouvernemental.
Rappelons quand même ce que devrait être la taxe carbone. Prônée par Nicolas Hulot et avant lui par les mouvements écologistes, cette taxe vise à payer plus cher ce qui est émetteur de gaz carbonique, afin de réorienter les comportements vers des choix plus favorables au climat de la planète : sobriété, énergies renouvelables, transports doux, …
C'est par exemple une façon de réfreiner l'étalement urbain, en rendant progressivement le transport individuel plus coûteux. Le mieux serait une taxe carbone européenne pour éviter la concurrence au moins disant environnemental. On peut cepe,dant commencer à y réfléchir avant le sommet sur le climat de Copenhague, à l'exemple de la Suède qui a un système comparable d'un montant de 100 € la tonne. Cela serait un signal fort pour lutter contre la catastrophe climatique annoncée.
Son montant devrait être de 30 € la tonne minimum, pour aller jusqu'à 100 € en 2030. Au dessous, l'impact de la mesure est peu sensible selon ses défenseurs. Maintenant, il est sûr que le produit de cette taxe doit corriger les inégalités de revenu, mais aussi les disparités en terme d'éloignement domicile-travail. Une redistribution en fonction de ces critères est indispensable pour éviter à la fois une forme d'injustice et une impopularité du dispositif.
Mais cela ne suffit pas, car il faut proposer des alternatives aux modes de vie et de consommation les plus émetteurs de Gaz à Effet de Serre ( G.E.S. ). Une partie de cette taxe devrait donc être affectée au financement d'infrastructures telles que des trains pour la banlieue ou des bus pour le péri-urbain et aussi à l'aide à l'achat d'équipements moins polluants pour les ménages.
Ceci, afin que ceux qui seraient frappés en premier par la hausse brutale des prix de l'énergie ne le soient pas plus durement encore.
Des modifications importantes doivent donc être apportées au projet actuel :
_ travailler à la redistribution : car il faut que cette mesure soit acceptée pour être efficace. Les Français sont tous prêts à faire des efforts pour l'environnement à condition qu'ils n'aient pas l'impression que ce soient les plus défavorisés qui "trinquent".
_ taxer aussi l'électricité : car même le nucléaire contribue à émettre du CO² ( transport, construction, démantellement, traitement,... ) et le chauffage électrique comme la climatisation nécessitent des centrales thermiques fortement émettrices.
_ revoir le montant de cette contribution : car comme le dit Nicolas Hulot : "il faut être cohérent ( avec l'ampleur du problème ), il faut unniveau de 20 € au moins".
Surtout, il ne faut pas oublier que la menace climatique se précise. Il faut prendre de réelles mesures pour que le pire scénario ne voit pas le jour. La taxe carbone, rebaptisée Contribution Climat Energie ( C.C.E. ), est un des éléments pour lutter contre le risque d'emballement climatique. La rejeter en bloc reviendrait à "regarder la maison brûler".