Le blog de Jean-Marc Massin

Le blog du conseiller général écologiste aubois Jean-Marc Massin

31 mai 2009

Du bio dans ma cantine : dans l'Aube, le président anti-bio tique.

Cantine_bio     Ce 18 mai, c'était encore une séance où il ne faisait pas bon être écologiste. J'ai présenté une proposition en faveur du bio dans les cantines, et c'est tout juste si je n'ai pas encore été traité d'ayatollah de l'écologie, tant la réaction de Philippe Adnot a été vive. Même si je suis habitué à une forme de diabolisation régulière, ça commence à me peser et je me demande si on pourra un jour faire évoluer cette assemblée, ou si sa suppression ne serait pas une bonne chose tellement la grande partie de ses membres est allergique à l'écologie, à la solidarité et à la démocratie.

            Bref, le président a exprimé qu'il ne supportait pas la "religion du bio", mettant en cause l'idéologie de ses partisans et allant jusqu'à affirmer que le bio ne pourrait jamais résoudre le problème de la faim dans le monde, les rendements étant divisés par 3, et je passe d'autres arguments qui montre un manque de neutralité ou une méconnaissance de ce dossier( ou les deux… ).

            Mais pour que le lecteur puisse se faire un avis par lui-même, je retranscris ici intégralement mon intervention, même si j'ai conscience que cela fait bien long pour un blog.

Mesdames et Messieurs,

En cette période de Grenelle de l'Environnement, il va être possible à chacun de montrer qu'il est en accord avec l'opinion majoritaire de ce pays. Ainsi, par exemple plus de 80 % des Français sont favorables à la réduction des pesticides.

            Le but de mon intervention est de demander au Conseil général de l'Aube d'aider à mettre en place des repas bio dans les cantines des collèges départementaux. Ceci avec le souci d'avoir un approvisionnement local, pour à la fois développer l'emploi ici et réduire les émissions de gaz à effet de serre de façon globale.

            Et comme mes collègues Gérard Ancelin, Christophe Dham et Nicolas Juillet ont eu à cœur d'inaugurer samedi l'éco-festival de Villenauxe, je ne doute pas que cette intervention trouvera un écho favorable dans cette assemblée.

            Un petit rappel d'abord : les objectifs du Grenelle en matière de développement de l'agriculture écologique. Il s'agit de passer d'ici 2012 de 2 à 6 % de la Surface Agricole Utile. Et ceci, grâce en partie à la fourniture de 20 % d'aliments bio dans la restauration collective.

            C'est aussi grâce à la mise en place d'un nouveau dispositif financier par la région Champagne-Ardenne que cette proposition peut être faite. En bref, il s'agit d'une aide de 80 à 135 € / ha et par an. L'objectif est passer de 0,5 % de la surface régionale en bio à 2 % minimum, soit de rattraper un retard relatif nationalement.

            

Rappelons brièvement les avantages de l'agriculture biologique : préservation des sols, de la biodiversité et incidences sur la santé humaine. En effet, si on fait référence à la campagne actuelle du WWF sur les pesticides, une vidéo du professeur David Servan-Schreiber indique que l'on retrouve des traces de ces produits dans les urines des enfants qui mangent "conventionnel". Il estime que cela les prépare à des maladies des années plus tard. Or si ces enfants bénéficient ensuite de nourriture bio, on ne retrouve plus trace de ces produits au bout de quelques temps.

Maintenant, si on se réfère au Professeur Dominique Belpomme, chargé par le Président Chirac du plan anticancer sous le gouvernement Villepin, celui-ci démontre que les pesticides sont suspectés d'être neurotoxiques, cancérigènes et d'avoir une influence négative sur la fertilité.

Voici pour la santé. Et en ce qui concerne l'éducation, les repas bio peuvent être donner lieu à des moments pédagogiques concernant l'équilibre alimentaire ou les exploitations agricoles par exemple.

Pour la méthode, il ne s'agit pas d'une demande de mesure immédiate, mais de réunir autour d'une même table gestionnaires de collège, représentants de producteurs bio, fédérations de parents d'élèves et élus départementaux. Le résultat de ces travaux seraient alors présentés aux commissions 4 et 6, éducation et environnement.

Nous pouvons donc maintenant "tenir les deux bouts de la ficelle", avec une aide à la conversion d'un côté et un marché régulier de l'autre, qui permettrait à l'agriculteur d'assurer un revenu.

Dernièrement un collègue m'a dit, sous forme de boutade : "nous, c'est l'écologie qui agit". Et bien, en matière de bio, vous avez l'occasion de le prouver, à l'exemple des départements de Gironde, de Haute-Saône, de l'Isère ou des Hauts de Seine.

                        

Et voilà. J'ai une fois de plus essayé d'aborder la relation environnement et santé au conseil général de l'Aube, comme au sujet des abeilles ou des déchets radioactifs. Je crois être loin d'une quelconque croyance. Maintenant si c'est idéologie contre idéologie, je préfère encore l'écologie à celle qui nous a conduit à la crise financière et qui aggrave quotidiennement la pauvreté dans le monde et la crise écologique.Champs

Posté par giemm à 16:46 - Autres choix pour l'Aube - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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