21 mars 2009
Rapport Balladur et Conseil général : tout n'est pas à jeter
Au début du mois de mars, nombre de mes collègues ont émis des objections fortes concernant le rapport Ballladur, que ce soit dans la presse, ou lors d'une séance privée. Pour ma part, je pense qu'il faut d'abord réfléchir, étudier et ne pas adopter des postures de rejets qui s'apparentent pour ma part à de fortes résistances au changement.
En effet, il serait temps de s'attaquer véritablement au "mille-feuille administratif français et à ses 7 niveaux d'empilement. Cela est source de confusion et de coûts financiers, et nous sommes les seuls en Europe à être aussi compliqués. A la veille du scrutin européen, regarder ailleurs pourrait nous aider être plus objectifs.
Tout d'abord le mode de scrutin. Je comprends que des collègues soutiennent celui qui leur a réussi, basé selon eux sur le travail et la compétence personnelle, alors qu'il s'agit souvent du fruit de circonstances ou d'une communication adéquate. Je trouve pour ma part que les élus sont plus enclins à écouter les lobbies qu'à étudier les dossiers pour en avoir une connaissance impartiale… Communiquer n'est qu'une partie du "travail d'élu", et je peux témoigner que ce "métier" s'apprend et que la réélection est plus facile quand on "tient" certaines positions.
Le scrutin uninominal par canton génère une forme d'inéquité. Les petits mouvements et les femmes, par exemple, sont sous-représentés. Ainsi dans l'Aube, les conseillers généraux liés aux milieux agricoles sont surreprésentés, et en France il n'y a que 20 conseillers généraux écologistes alors que le développement durable est de plus en plus pris en compte par nos concitoyens.
C'est pourquoi un scrutin avec plus de proportionnelle et un redécoupage des cantons serait plus représentatif de la diversité des opinions et des projets de société.
Ensuite, il y a aussi l'élection au suffrage universel direct des présidents d'agglo ou de communautés de communes. Certains sont contre, mais en tant que citoyen je préfère voter pour quelqu'un qui va me proposer son projet pour le secteur où je vis. Dans le cas actuel, je trouve que cela fait un peu "bricolage entre élus", et que les élus de deuxième niveau sont plus tentés de gérer que de faire de la politique.
Ainsi sur ce sujet, je partage le point de vue de mon collègue Nicolas Dhuicq, qui estime que la politique est un "art noble". En tant qu'écologiste, je pourrais voter en comparant les projets et choisir celui qui prépare le mieux l'avenir en préservant la planète.
Il y a bien sûr des aspects négatifs, comme la disparition des pays (loi Voynet), mais j'ai trouvé que décidément mes collègues élus ont le pied sur le frein sur le sujet de l'administration et de l'aménagement du territoire.
Peut-être que certains ont plus à perdre que d'autres au changement, alors qu'il faudrait voir ce que le citoyen et la France ont à y gagner.
10 mars 2009
Décliner auboisement le "Green Deal" européen
Ça y est les écologistes sont en ordre pour les européennes de juin. Les têtes de listes diverses et représentatives démontrent que le famille écolo souhaite aborder cette élection de façon unie. Cohn Bendit et José Bové ensemble, cela démontre que nos priorités pour la planète sont plus fortes que nos différences.
Les 20 propositions de base de Europe-Ecologie sont maintenant disponibles sur son site. Elles précisent qu'en cette période de crise économique, il y a d'autres orientations à prendre que la traditionnelle relance par la croissance. Formater nos économies pour construire et consommer toujours plus nous a amené à être vulnérables face aux financiers qui ont utilisé le laisser faire des politiques avec comme seul soucis l'enrichissement de quelques uns.
Réguler dans le sens d'une plus juste répartition des richesses et surtout de la préservation de notre environnement commun est une nécessité écologique. Si pour le premier point on ne peut pas grand chose localement (*), il est possible donner une orientation plus solidaire à la politique des collectivités territoriales auboises.
Ce "Green Deal" local serait gagnant sur les deux tableaux : sociétal et environnemental.
En terme d'emplois, deux directions sont à prendre : la reconversion et la création d'emplois verts. Par exemple, la simple conversion de 10 % de la surface agricole en bio fournirait plusieurs centaines d'emplois. Ajoutés au développement de la filière bois-énergie et à l'isolation des bâtiments en matériaux naturels fabriqués localement, ce sont des milliers d'emplois qui pourraient réorienter l'économie auboise.
Concernant la reconversion, il serait aussi possible localement de travailler au moulage de pièces en matériaux recyclables, chez Préciplast par exemple.
Il faudrait aussi s'attaquer vraiment au "défi climatique du siècle" en réorientant les choix en matière de transport. Rompre avec le "tout automobile" implique de se rendre compte que le projet d'autoroute Troyes-Auxerre-Bourges est dépassé car nos marchandises doivent être transportées prioritairement par le rail.
L'engagement des collectivités ( CAT et conseil général ) doit se traduire par des millions déposés sur la table et non par de simples articles dans les journaux, pour l'électrification de la ligne Paris-Bâle par exemple. Il faut dès aujourd'hui se lancer dans l'étude de tracés ferroviaire pour irriguer notre territoire quand le pétrole sera 3 ou 4 plus cher qu'aujourd'hui
Concernant les finances, qui sont un levier important de cette politique verte souhaitée, il importe que les financements au niveau départemental ou local prennent bien plus en compte les critères sociaux et écologiques. Ainsi il me paraît indispensable de subventionner plus ceux qui construisent ou rénovent avec comme objectif de consommer moins, en fixant des critères chiffrés. S'impliquer plus dans les transports alternatifs à la voiture individuelle permettrait aussi de concilier environnement et investissements.
Il est aussi possible de construire des indicateurs départementaux du type de l'empreinte écologique ou de l'indicateur de bien être. Cela éviterait les seules analyses financières qui orientent les esprits vers les logiques uniquement marchandes qui nous ont amené là où on en est aujourd'hui.
Si vous pensez vous aussi qu'il faut profiter de cette période pour prendre le temps de penser le long terme et pour faire des propositions localement, alors vous pouvez venir en discuter lors des réunions du groupe local Europe-Ecologie. Sa réunion constitutive aura lieu le vendredi 13 mars à 20 heures à l'Hotel du Petit Louvres, à Troyes.
JMM
* mais on a un bulletin de vote, et je ne comprends guère que le citoyen se prononce encore pour ceux qui ont soutenu les "libéraux" qui nous ont entraînés là