24 septembre 2008
Edmé Marot : rectifier le tir ?
Depuis le mois de mai, des critiques s'élèvent pour décrier les constructions de l'OPAC rue Edmé Marot à Sainte-Savine. Il paraît que c'est laid et que les riverains n'ont pas été prévenus. Sans parler des problèmes de stationnement à venir…
Etant conseiller municipal , je me devais de jeter un œil à ce quartier. Ensuite, en tant que Conseiller général, j'ai regardé de plus près les constructions de l'OPAC, devenu "Aube Immobilier", car c'est l'organisme bailleur du département. Enfin, en tant qu'écologiste, je voulais voir si les idées vertes faisaient leur chemin.
Et après une récente visite, je peux dire que :
_ c'est pas très joli
_ il y a assurément des problèmes de voisinage
_ ces bâtiments ont peu à voir avec le développement durable.
Mais aurait-on pu éviter ces constructions ?
L'OPAC a respecté les règle du PLU (Plan Local d'Urbanisme), ex POS (Plan d'Occupation des Sols), et il était même possible de construire plus sans l'intervention du maire, Jean-Jacques Arnaud. Le problème est que les nouveaux bâtiments ne ressemblent pas à ce qui était déjà construit dans le bas.
Mais ce qui est aussi surprenant, c'est que pour deux autres projets saviniens, Barrier et Deoust, l'OPAC avait informé les voisins et consulté la mairie. Le directeur, que j'avais interrogé en juin ne m'a pas fourni d'explication sur ces différences…
Recensons maintenant les problèmes de voisinage :
_ pour ce qui est de l'aspect architectural, s'il est vrai que les riverains vont s'y adapter avec le temps, le choix d'une orientation perpendiculaire à la rue est esthétiquement curieuse et génère des vis à vis gênants ;
_ le stationnement devrait poser un réel problème, car ces 54 logements vont se traduire par plus de voitures dans la rue
_ et pour la circulation, il y a aussi un risque d'accroissement
Mais ce qui m'a surtout déplu, c'est qu'on est loin d'une éco-construction, à une époque où de plus en plus de personnes parlent de "développement durable"
:
_ l'isolation est ridicule : 12 cm de polystyrène et une plaque de plâtre derrière un parpaing de 20. Ce n'est pas conforme à la réglementation thermique ;
_ il n'y a rien en terme d'énergie renouvelable. Et c'est dommage car l'exposition sud aurait eu permis d'installer des panneaux solaires ;
_ la caractéristique essentielle des éco-quartiers, la concertation avec les futurs habitants et les riverains, est absente. Je l'ai déjà dit, mais c'est primordial.
Maintenant peut-on rattraper le coup ? On ne va quand même pas démolir…
Personnellement, j'ai pris contact avec le président d'Aube-Immobilier, mon collègue Jean-Claude Mathis, afin de lui faire part de mon point de vue et de tenter d'infléchir les futurs projets.
J'ai aussi demandé aux Maires-Adjoints à l'Urbanisme et au Développement durable que l'on puisse suivre de près les problèmes de stationnement et de circulation. Leur réponse favorable pour un travail en commission laisse entrevoir que, si on ne pourra pas "rectifier le tir", on devrait pouvoir réduire les inconvénients de ce projet.
Commentaires
Etonné
Je suis quand même étonné qu'il ait fallu tant de temps pour se rendre compte du problème.
Je suis quand même étonné que la mairie n'ait pas été consultée !
Je suis quand même étonné que L'OPAC - pardon, "Aube Immobilier" - puisse faire ce qu’elle veut. Ne doit-elle pas déposer un permis de construire, malgré tout, malgré le PLU ? Qui, dans le cadre d’un PLU a autorité pour instruire le dossier et délivrer le permis ?
Le projet n'a-t-il pas été évoqué en Conseil Municipal ?
Le maire n'avait-il pas son mot à dire ? Le maire n'est-il pas responsable du PLU ? Il ne me semble pas qu'un PLU soit imposé à une municipalité, mais c'est la municipalité qui le met en place pour mieux gérer son terroir. De quand date ce PLU ? De l’ère Coillot ? Dans le cadre d’un PLU, ou de sa révision, ne peut-on pas imposer certaines normes de construction, en particuliers aux organismes tels que Aube immobilier, car de fait, agglo de 20 + polystyrène de 12 + placo, on ne peut pas faire de pire en la matière... Mais c’est l’OPAC, et il faut réduire les coûts de construction à son strict minimum... sans penser qu’une bonne conception au départ, ce sont des économies pour l’avenir....
PLU à revoir ?
Il faut savoir que lors de la mise en place du PLU, notre objectif principal était la préservation des espaces naturels ou boisés, et plus précisément de la vallée des Viennes. Nous étions encore à une époque où le projet de pénétrante urbaine était dans tous les esprits.
Maintenant, on se rend compte qu'il faut le réviser. Personnellement, je serai attentif à ce que les prochaines règles n'entravent pas le recours aux énergies renouvelables, et qu'elles permettent l'émergence d'alternatives en terme de transports et stationnement.
Mais si ces aspects commencent à être envisagés, il faut bien reconnaître qu'en 2001 ou 2002 le projet de Charte de l'Environnement était déjà ambitieux...
L'aspect climatique a été facilement envisagé pour le deuxième mandat. Et c'est justement ce qui me questionne, car la ville durable devrait être plus dense. Or, le C.O.S., Coefficient d'Occupation des Sols, me semble cohérent avec cet objectif.
Pour vérifier si on peut construire dense et d'allure sympa, je prépare une visite à Fribourg, et après je pense y voir plus clair sur l'aspect esthétique. En attendant de pouvoir proposer un vrai éco-quartier si suffisamment de de place se libère un jour...
N'y a-t-il pas une réflexion à mener avec "Aube-Immobilier" : démontrer que l'économie à long terme n'est pas forcément celle faite sur les matériaux de construction et la conception de base minimaliste. Pourquoi ces organisme sont-ils si peu attentifs à ce problème ?
Le P.L.U. emprisonne-t-il les élus dans l'accord de permis construire de tels projets ? J'ai connaissance d'un refus d'une municipalité sur des projets de maisons que proposaient je ne sais plus quel organisme (sans doute l'O.P.A.C.), et celui-ci a du revoir sa copie pour mieux intégrer les maisons qu'il devait construire, mais dans cette municipalité, pas de P.L.U.
Pour des projets d'éco-quartiers, les pays nordiques sont en avance ; il y a certes le quartier Vauban à Fribourg (alors qu'on ne sait pas quoi faire de certaines casernes... On parle d'ailleurs de réhabiliter celles de Reims en cités étudiantes : peut-être pourraient-ils y penser ?), mais il y en a d'autres : Hammarby, à Stockholm, Bo01 à Malmö en Suède, BedZED à Londres. Il y a de nombreux projets Français aussi, parmi lesquels : Grenoble, la ZAC de Bonne (ancienne caserne, justement). Ce projet est des plus intéressants puisqu'en plus de logements (dont une part de logement sociaux, indispensable pour une mixité), il propose des bureaux, un hôtel, une école primaire,... bref, ce ne sera pas seulement un "quartier dortoir", mais un quartier vivant (voir http://www.debonne-grenoble.fr/1-2.htm). Un tel projet pourrait donner des idées à Reims pour ses casernes à réhabiliter en cités U... Ce serait d'ailleurs une erreur pour moi que d'en faire que des cité U : il faut de la mixité, de l'activité, l'hyperspécialisation des quartiers n'est pas forcément une bonne chose.
Quant à la "coulée verte" des Viennes, ce n'était pas seulement un projet savinien ? En tous les cas, on pourrait bien imaginer de tels eco-quartiers autour de cette "coulée verte"... Un peu utopique, cependant...
Je continue à proposer
On est me semble-t-il dans le noeud du problème. Vous et moi ( et d'autres heureusement ), nous regardons suffisamment ailleurs pour savoir que ces idées ne sont pas une utopie. Avec un peu de volonté politique, d'autres villes et villages en Europe ont expérimenté et mis en pratique ce concept d'écoquartier. Il y en a d'ailleurs une vingtaine d'exemples dans la "Revue durable" de février 2008.
La difficulté principale à laquelle je me heurte est que c'est une vision globale que peu possèdent. Bien souvent on ne voit que le détail, et il y a un gros travail de pédagogie à faire.
Autre difficulté : quand c'est un Vert qui propose ce genre d'idée, il faut être deux fois plus pédago, car on est vite traîté d'intégriste, même parmi ses "alliés"... (surtout si on veut toucher à la place de la sacro-sainte bagnole).
Je m'arme donc de patience, et je vais déjà essayer de travailler sur les communes de Sainte-Savine et La Rivière de Corps.
Convaincre les organismes bailleurs est plus compliqué, car il y a nécéssairement un surinvestissement qu'ils ont du mal à récupérer. A moins que la CAT ou le Conseil général ne fournissent des subventions...
Pourtant ne serait-ce justement pas à ces organismes, aidés par une volonté politique forte, de montrer l'exemple ? C'est ce qui se fait ailleurs, de façon très limitée, encore, mais je pense que les choses vont s'accélérer. Il faut l'espérer ; de telles constructions, de tels quartiers, sont possibles ailleurs, pourquoi pas chez nous ? Ce n'est pas de l'utopie mais une absence de volonté politique, à moins qu'ils ne se rendent compte que pour leur image, ça serait valorisant ? Il faudrait leur dire...
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