Le blog de Jean-Marc Massin

30 avril 2012

Deuxième tour : Hollande pour les valeurs humanistes.

deuxi_me_tour          S'il fallait une raison pour appeler à voter Hollande au deuxième tour, il n'est qu'à observer la campagne de Sarkozy. Toutes les ficelles de la tentative de manipulation des masses sont là. Entre la peur de l'étranger, la diabolisation de l'adversaire et le retour à un passé mythique, les arguments de l'entre deux-tour du président-candidat rappellent plus une idéologie du repli sur soi que l'appel au respect de l'autre et l'aspiration à la tolérance.

Mais n'oublions pas que la haine de l'autre et de l'étranger sont toujours des moteurs utilisables par celles et ceux qui ne s'embarrassent pas de scrupules pour arriver ou se maintenir au pouvoir. Après le juifs, l'européen de l'est puis du sud, le musulman est tout désigné comme nouveau bouc-émissaire de nos problèmes, à la fois par le front national et par la droite de l'UMP. Les thèmes de la viande halal ou de la délinquance des jeunes issus de l'immigration sont là pour nous alerter.

Quand j'entends Jean-François Copé mettre en avant le vote des étrangers aux élections locales, j'ai honte. J'ai honte de l'imager de la France que cela donne aux autres pays européens. Outre que ce droit est peu utilisé dans les pays qui l'ont donné, cette façon de faire croire à un problème là où il n'y en n'a pas est tout à fait irresponsable.

 

En effet, quel rapport avec le chômage, la désindustrialisation ou encore la dette de la France. Sur tous ces vrais problèmes, le gouvernement au pouvoir a une vraie responsabilité. C'est celle de laisser faire la mondialisation de type libérale.

Ajoutons le réchauffement climatique, le coût de la santé qui augmente ou les problèmes de logement pour un nombre de plus en plus important de personnes. Sur ces trois autres points je ne vois aucune réelle solution proposée pour améliorer le quotidien des français.

Certes les propositions de Hollande sont à bien des égards perfectibles, mais en regard des propositions de Sarkozy, il n'a pas de mal à mieux faire.

 

Enfin, le tournant droitier de la campagne d'entre deux tours montre exactement la direction inverse à celle qu'il faut prendre. Dans un monde dominé par le pouvoir des multinationales et l'émergence des blocs chinois et indien, le repli vers l'état-nation est une impasse dangereuse. En effet, il importe de construire un bloc fort qui compte au niveau de la planète, pour influer durablement sur les fonctionnements économiques et sociaux.

Il faut contrebalancer efficacement la finance sans règle, comme s'opposer aux mafias internationales. Seule la construction d'une Europe fédérale peut équilibrer actuellement le jeu international. Le seul objectif qui vaille pour l'avenir, c'est d'aller vers une gouvernance mondiale démocratique. Cela permettra à la fois de surmonter les risques alimentaires, de conflits armés, écologiques, financiers sanitaires ou terroristes.

La banalisation des idées du front national par le président sortant ne va pas du tout dans ce sens. La sortie de l'euro, la référence aux frontières du passé, ou l'invention du "vrai travail", n'ont que peu à voir avec les solutions qu'il faut construire en rassemblant les Français d'abord, les européens ensuite.

 

Il importe donc d'en finir avec ces fausses solutions le 06 mai et de se prononcer pour le seul candidat humaniste qui reste, à savoir François Hollande.

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17 mars 2012

Pourquoi Bayrou ?

arc_en_ciel     J'en ai entendu quelques belles cette semaine : "ça y est, il est passé à droite" ou encore "il va rejoindre Adnot"… passons sur le niveau de réflexion de ces propos qui tiennent plus de la caricature que de l'analyse de fond, et servons-nous en comme introduction.

 

     D'abord, je me situe toujours plutôt à gauche sur un axe traditionnel droite-gauche. Simplement ce clivage est un peu réducteur. En tant qu'écologiste je suis toujours autant critique par rapport au productivisme ambiant, qui laisse de côté la préservation de la planète. La croissance des activités humaines a des limites, qui sont naturelles, et on en parle trop peu dans les programmes.

     Ensuite, se sentir "plutôt à gauche" n'empêche pas la rigueur et le réalisme. Et trop souvent la gauche, comme les écologistes, ont mis en avant de belles idées, complètement inapplicables sur le terrain si elles ne sont pas encadrées ou  équilibrées par des mesures plus fermes.

 

     C'est donc le critère de la rigueur, et en particulier la rigueur financière qui a fait que j'ai donné ma signature à François Bayrou. J'avais aussi comme thème globaux le réchauffement climatique et la gouvernance mondiale. Sur ces deux thèmes, ce sont Eva Joly et François Hollande qui avaient retenu mon attention.

     On est peut-être loin des préoccupations quotidiennes des Françaises et des Français, mais je pense que le prochain Président de la République doit être à même de s'attaquer à ces menaces globales. Car à plus ou moins long terme, si on ne fait rien pour arranger la situation, on ne pourra que subir au lieu de d'agir sur notre destin.

     Si le réchauffement est trop important, si les conflits géopolitiques s'exacerbent ou si la France suit le chemin de la Grèce, on aura à gérer bien plus que de simples "préoccupations quotidiennes". Et on n'en aura pas grand chose à faire de la viande Halal ou des immigrés dont tout serait la faute, tellement d'autres réfugiés se masseraient à nos portes.

 

     Donc, j'ai choisi François Bayrou parce que ses propositions sur la résorption de la dette sont les plus réalistes. Il va falloir à la fois dépenser 50 milliards de moins et faire rentrer 50 milliards de plus dans les caisses de l'état, pour commencer à voir décroitre l'ardoise que nous allions laisser aux générations futures. Or, tabler sur une croissance de 2,5 % pour espérer qu'un blocage des dépenses suffira, comme le suggère François Hollande est peu réaliste. Si la croissance n'est que de 1 %… on fait comment ?

     Maintenant, bien sûr j'aurais pu donner ma signature à Eva Joly, mais le passage des Verts à Europe-Ecologie n'a pas fait gagner en rigueur l'écologie politique. Pour la crédibilité, il fallait choisir Hulot.

     Quand à Hollande, on verra bien pour le second tour.

 

Il faut enfin dire que le contexte local a aussi pesé sur ma décision. Le fait de devoir choisir entre deux camps, sans faire dans la nuance commence à me peser vraiment.

Je regrette que l'écologie soit systématiquement alliée à la gauche traditionnelle. Cela lui fait perdre de l'autonomie. L'émergence d'un vrai centre, associé à une vraie proportionnelle, pourrait redonner un souffle nouveau à la politique française, bien trop bipolarisée à mon goût.

 

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08 mars 2012

Sainte-savine : les demi-choix de l'équipe Arnaud

hesiter155        Lors des deux derniers conseils municipaux, la majorité savinienne a opté pour certaines décisions qui devaient être prises depuis longtemps, mais elle a aussi continué dans ses erreurs, ou s'est arrêté en chemin.

 

        Ainsi pour les finances, il y a enfin un maire-adjoint. C'est un mieux, car le mode de répartition des finances entre les maire-adjoints a longtemps ressemblé à un partage de l'argent de poche, au lieu d'une étude collective des grandes masses financières sur le moyen et le long terme. Depuis cette année, le rapport investissement-fonctionnement est enfin à l'ordre du jour des séances budgétaires, et l'autofinancement est surveillé de près.

         Il était temps, car l'audit présenté en 2002 indiquait explicitement qu'il fallait surveiller ces montants. Il a "simplement" fallu attendre dix ans…

         Cela n'a pas empêché une partie des élus à se référer encore aux ratios…. Et à répéter l'erreur de 2008, quand il a fallu augmenter les impôts ensuite. Alors hélas, c'est le même scénario qui risque de se reproduire après les prochaines municipales. Mais au moins l'équipe ne peut plus faire comme si elle ne savait pas. En effet l'autofinancement actuel (de 600 à 800 mille euros) est insuffisant pour aussi assurer l'entretien de la voirie en plus des constructions ou rénovations envisagées.

         Voici donc une demi-mesure de prise, alors qu'il aurait fallu réduire la voilure sur les gros projets.

 

         L'autre erreur est d'avoir nommé une maire-adjointe à la communication. Il n'y en avait pas besoin, car un fonctionnaire suffit pour cette fonction. Il faut dire que cela correspond à une focalisation tout à fait inédite si on la compare au domaine "développement durable". En effet, nous avons maintenant deux employés à la communication pour une seule personne au développement durable.

         On risque donc de parler plus que de faire réellement. Voici donc encore un mauvais choix de l'équipe Arnaud, alors qu'il aurait été plus pertinent de renforcer le développement durable avec un réel service comportant deux employés… Mais on n'en est pas à une contradiction près.

 

         Enfin, je tiens à signaler un autre demi-choix, qui a consisté à opter pour le mélange de l'eau de consommation. Celle venant de la Chapelle-Saint-Luc n'est pas d'une qualité suffisante, alors il a été choisi de la mélanger avec celle de Troyes, puisée en amont de l'agglomération.

         C'est une solution économiquement avantageuse, donnant un bon rapport qualité-prix. Cependant, cela ne résout pas le problème de pollution. Là aussi, on s'est arrêté en chemin. Mais la solution est au niveau de l'agglomération, et les élus de gauche ne brillent pas par l'originalité de leurs solutions.

         En effet, il faut considérer l'eau comme une ressource collective et non comme appartenant à telle ou telle commune. Dans cette optique, on peut réserver l'eau chapelaine à des usages industriels, et investir au niveau de l'agglomération pour restaurer une eau de qualité, en étendant la protection des champs captants.

 

         Donc maintenant que le maire ne décide plus seul, cela va un peu mieux. Mais ces demi-décisions montrent que l'équipe se cherche encore.

         Hélas, le fait qu'elle ne sait pas renoncer à ses projets malgré le contexte budgétaire difficile démontre aussi qu'elle reste en partie enfermée dans sa bulle, encore trop imperméable au principe de réalité.

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05 février 2012

Adnaud - Arnot même combat ?

  pouvoir_partag_       Malgré son titre accrocheur, cet article ne vise pas à critiquer particulièrement des personnes. C'est avant tout un article de fond, qui a pour but de proposer des solutions à un problème très courant à la tête de nos exécutifs, à savoir l'accaparement du pouvoir.

         A partir de constatations faites lors de mes mandats d'élu, je souhaite aussi mettre en avant le chemin (parfois très court) qui fait qu'un citoyen ordinaire, qu'un homme courtois et civilisé, en dehors du cénacle politique, devient une personne qui ne tient plus compte des propositions différentes et qui voudrait que tout le monde pense comme lui.

         Ce phénomène est plus courant qu'on ne le pense, la crise de colère récente du premier magistrat de Nogent en est la preuve, les opposants au pont de la Moline en savent aussi quelque chose, et le nombre de petites communes où le maire pratique l'exercice solitaire du pouvoir alimente régulièrement les journaux locaux.

 

         L'idée m'en est venue suite à la dernière séance du conseil général, pendant laquelle le président du conseil général a refusé de répondre à une de mes questions. Peu importe le pourquoi. Ce qui m'a le plus choqué, ce sont les sourires amusés sur les visages de certains de mes collègues de la majorité. Parallèlement, j'ai aussi compris pourquoi Alain Coillot pouvait être parfois énervé de ne pas obtenir de réponse dans l'assemblée municipale savinienne. Là encore, ne nous perdons pas dans les arguments de forme avancés par les diverses majorité pour ne pas répondre.

         Il y a réellement un problème de fond, et le parallèle ne s'arrête pas là. A gauche comme à droite les décisions sont le plus souvent prises par quelques uns, le cercle des proches du chef de l'exécutif. 

         A droite comme à gauche, les marges de manœuvres ne sont pas discutées avec l'opposition. Celle-ci a la parole une fois que tout est décidé. Et on cherche en vain une réelle démocratie dans laquelle l'opposition pourrait jouer son rôle de proposition.

         Et à gauche comme à droite, si un membre de la majorité n'est pas suffisamment docile, il est poussé vers la sortie. L'exemple de Dhuicq pour le poste de conseiller général, mais aussi le mien pour celui de maire-adjoint, présentent des similitudes troublantes.

         Le moins drôle, c'est les insultes quand le chef est en difficulté, traduisant un manque de respect évident pour celui qui pense différemment… (Ayatollah et Pol-Pot de l'écologie sont mes "meilleurs" souvenirs).

 

         Passons. Je ne fais pas une fixation sur ma personne. Il s'agit d'un constat trop général qui fait que j'en suis venu à détester la politique traditionnelle, avec deux clans qui s'affrontent souvent brutalement et des comportements qui ne relèvent pas le niveau du débat.

         Mais comment on est on arrivé là ? Pourquoi ce manque de respect, signe évident d'un déficit démocratique ne suscite rien d'autre qu'un désintérêt croissant des citoyens pour la politique ? Pour ma part, je chercherai des éléments de réponse dans d'autres pays où la culture politique est moins centralisatrice.

         En effet, la France est un des rares pays où un individu peut cumuler autant de pouvoirs : le chef de l'exécutif est aussi le chef du groupe majoritaire, ainsi que le chef de l'administration. Cela est vrai en ce qui concerne les maires, les présidents de conseils généraux et régionaux, mais aussi les présidents d'intercommunalité (qui ne sont pas élus au suffrage universels…). En outre, ces chefs détiennent des moyens importants de communication pour vanter les mérites de la politique mise en place.

         Ajoutons que la nature de l'homme ne le pousse pas au partage. Le partage, du pouvoir  comme des richesses, ne peut être que culturel, c'est à dire la conséquence d'une éducation. Et personnellement, je ne sais pas si je ne serai pas devenu comme ceux que je critique si je n'avais pas eu mes propres garde-fous, familiaux et associatifs entre autres.

 

         Le problème étant donc le partage du pouvoir, ce sont des solutions de ce type que je propose. Tout d'abord, il faut découpler la fonction politique et la fonction administrative du chef de collectivité. C'est le cas en Allemagne, et cela ne leur pose pas de problème particulier.

         Ensuite, il importe de passer à la proportionnelle. Cela permet à la fois de représenter les minorités, et qu'un groupe élu avec seulement 30 % des voix au premier tour ne croit pas qu'il représente la majorité des citoyens, comme c'est le cas avec la prime majoritaire du 2ème tour.

         Il faut aussi donner de réels moyens pour les groupes politiques est une nécessité. Cela devrait permettre à ceux-ci d'affiner leurs propositions, car il faut du temps pour étudier et chiffrer des alternatives aux orientations de la majorité, qui bénéficie des services de la collectivité.

         Enfin, il importe de travailler à mettre en place une culture du travail en équipe, car c'est trop souvent la "sous-culture du chef" qui prévaut. Pour cela, il faut commencer dès l'école, et poursuivre jusqu'à l'université, pour apprendre beaucoup plus aux futurs citoyens à travailler en groupe.

 

         Voilà quelques pistes de solutions. Certes, on ne changera pas la nature de l'homme, on n'évitera pas que certains se comportent automatiquement comme des chefs de famille ou de clan.

         Mais c'est dès aujourd'hui que la valeur de partage du pouvoir doit être prônée.

 

        

 

 

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08 janvier 2012

Vœux du Conseiller général du canton de Sainte-Savine

Bonne année 2012 C         En ce début d'année 2012, ce sont les thèmes de la finance et du développement durable qui retiennent mon attention. Que ce soit au niveau de la planète, de la France ou du territoire communal, il importe de disposer de capacités financières intactes pour pouvoir investir dans l'écologie au service de chacun.

 

Au niveau planétaire, le système financier bénéficie à une faible proportion d'individus, qui se soucient généralement peu de la préservation de notre environnement. J'appelle de mes vœux un changement dans ce domaine pour 2012. Nous pourrions commencer par deux taxes qui seraient complémentaires. Une sur les transactions financières, reprenant l'idée de la taxe Tobin ; l'autre sur les émissions de carbone. N'oublions pas que 2011 a été à la fois l'année la plus chaude depuis un siècle et l'année où l'euro a été le plus fortement remis en question.

 

En ce qui concerne l'hexagone, il faudra bien sortir de l'endettement chronique du à un déficit qui n'a cessé de se creuser. Et même si c'est la mondialisation financière qui est ainsi à l'œuvre, privant notre état des moyens nécessaires pour perpétuer notre modèle social, il faut bien s'attaquer à ce problème. Nous ne pouvons le transmettre ainsi à nos  descendants. Je souhaite donc pour 2012, que des solutions réalistes émergent de la campagne présidentielle qui s'annonce. Mais pour autant, il ne faudrait pas que la conjoncture difficile fasse qu'on oublie les orientations à long terme nécessaires pour économiser l'énergie ou pour investir dans les moyens de transports de l'avenir.

 

C'est la même articulation qui peut se dessiner localement. La restriction des capacités financières des communes ne doit pas aller à l'encontre du développement des pistes cyclables et des transports en commun dans l'agglomération, avec par exemple la création de voies de bus en site propre. C'est aussi au niveau de chaque commune qu'il est plus facile de mesurer les émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas encore une habitude, mais je fais le vœu que dès 2012 l'idée de plans climat locaux fasse son chemin dans le canton de Sainte-Savine.

 

Toutes ces évolutions sont  nécessaires pour notre avenir et celui des générations futures. Mais il faudra aussi un véritable changement dans la gouvernance. Nous sommes nombreux à être lassés de l'affrontement rituel gauche-droite. Je fais alors le vœu que les oppositions stériles entre deux clans et les schémas partisans soient remplacés par des majorités de projets et des positionnements plus responsables.

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20 décembre 2011

Il n'y a pas que la politique dans la vie

sérénité      Maintenant que les distances avec le groupe qui gênait ma liberté de parole est prise, je vais pouvoir enfin développer mes idées propres. Parmi celles-ci, il y a l'équilibre nécessaire entre l'investissement public et la vie privée. Parce que si on fait le bilan, les 7 ans où j'ai assuré à la fois le mandat de Conseiller général et celui ce Maire-adjoint, ce sont aussi 7 ans de sacrifices tant dans les domaines familiaux, professionnels ou personnels, qui ont été consentis.

Globalement, c'est vrai que 10 ans à faire tourner le groupe des Verts-Aube, plus 10 à représenter publiquement l'écologie politique, ça fait pas mal d'heures qui auraient pu être utilisées à autre chose. Bon, on a fait avancer les idées écolos… et puis après ?...

 

Or depuis quelques jours, ça va mieux. Je ne suis plus obligé de dire que tout va bien, quand il y a eu des décisions inadéquates de prises. Je peux rapidement proposer d'autres modes de fonctionnement ou d'autres projets. Bien sûr, ça ne sert pas à grand-chose, vu le fonctionnement bipolaire, voire clanique de la vie politique française et locale. Mais au moins, je me sens mieux quand je me regarde dans la glace, la "langue de bois" n'étant pas obligatoire pour un écologiste.

Et à l'approche des fêtes de fin d'année, je constate que le virage opéré grâce à "mes amis du conseil municipal" a commencé à porter ses fruits.

 

J'ai pris le temps de me réorienter professionnellement. Sans ma mise à l'écart municipale, je n'aurais pas eu le temps de reprendre mes études, et je n'aurais pas pu commencer à apprendre le métier de personnel de direction. Et franchement, ce nouveau métier m'apporte de réelles satisfactions professionnelles.

Je suis aussi plus à l'écoute de ma famille, conjoints comme enfants (même s'ils commencent à être grands). Dans les années 2000, je rentrais souvent nerveusement fatigué. Je voulais  changer des disfonctionnements évidents, causé par des personnes qui ne savaient pas travailler autrement. Maintenant, plus de ce stress, et je suis beaucoup plus disponible pour celles et ceux que j'aime.

J'ai aussi repris du temps pour les amis. Et là aussi, la politique peut avoir un effet pervers si on est trop partisan. Maintenant que je suis convaincu que la gôche, c'est pas toujours mieux que la droite, on échange plus facilement. Sans compter que j'ai plus de temps pour voir mes amis et aussi pour cuisiner pour eux.

Et surtout, il y a ma conjointe qui peut souffler un peu. Certes, on ne se désintéresse jamais complètement de "la chose publique", mais en rentrant moins dans l'arène, il est plus facile de reporter son attention sur celle qui a forcément supporté une partie des inconvénients de l'engagement politique (et pas toujours les plus petits). Les moments à deux sont plus riches et plus fréquents .

Voici enfin des avantages évidents.

 

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13 décembre 2011

Durban, le climat en panne

Réchauffement climatique 5     En fait ce n'est pas le climat qui est en panne, ce sont les négociations. Et à ce jeu, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre méritent le bonnet d'âne.

Et pendant ce temps là le réchauffement continue. Nous allons bientôt quitter l'automne le plus chaud du siècle : +2°C par rapport à 1900 ! Et les évaluations pour 2100 sont maintenant plutôt proches de +3,5°C…

C'est sûr que les infos sur la crise de l'euro ont balayé tout le reste, mais quand les catastrophes et les réfugiés climatique feront la une régulièrement, il sera trop tard.

 

Pourtant, certains semblent satisfaits que les trois plus gros émetteurs, les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, puissent signer un nouvel accord en 2015, qui s'appliquerait dès 2020. Ne rêvons pas trop, la Russie, le Canada et le Japon ne s'engagent déjà plus dans Kyoto, le précédent protocole. Il faut produire plus, c'est la nouvelle croyance qui semble vouloir balayer toutes les réglementations, même celles censées préserver l'avenir.

Le seul motif de satisfaction est l'attitude des européens. L'UE a joué collectif et solidaire sur ce dossier, allant même jusqu'à apporter sont soutien à l'Alliance des Etats insulaires. En effet, ces pays à faible budget sont directement menacés à cause de la potentielle montée des eaux.

Globalement, l'Amérique du Nord a failli faire capoter l'accord, et il n'est pas sûr que cela se passe différemment au Quatar l'année prochaine, ce pays ayant le record de production de gaz à effet de serre par habitant (6 fois plus qu'un européen). Mais comme ils vont organiser une coupe du monde climatisée en plein désert…

 

Allez, pendant que d'autres ne pensent qu'à aller au bout du monde en avion, il va falloir que je pense à faire mon bilan carbone annuel.

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10 décembre 2011

AG du club de Tennis de Sainte-Savine

Tennis couvert        Position difficile ce soir à l'Assemblée générale du club de tennis. En effet, je suis arrivé de Reims au moment où le maire expliquait qu'on ne pouvait plus tout financer. Il y avait la piscine à recarreler, et alors il ne restait plus d'argent pour le tennis. Et puis, on ne peut plus trop faire d'investissements, on le voit partout autour de nous. Bref, c'est la faute à la crise, ou à "pas de chance"… Bel exemple de déresponsabilisation. Car il est difficile de dire que c'est quelqu'un d'autre qui est aux commandes de la municipalité depuis dix ans.

Mais la question que je me pose à quelques jours du conseil municipal, c'est : "comment les autres conseillers municipaux ont pu laisser faire ça ?".

A mon avis, ils se sont rendu compte qu'il ne reste "plus un kopeck" dans la caisse. Pourtant, lorsque je demandais à la fin du premier mandat si les perspectives financières étaient bonnes, il ne semblait y avoir de crainte. Invariablement on me répondait "il va y avoir des rentrées avec les nouvelles constructions" ou "les ratios sont bons, on pourra emprunter au besoin".

            Sauf que si les indicateurs avaient été aussi bons que cela, il aurait été facile d'emprunter en cas d'imprévu, comme pour le (re)carrelage de la piscine…

 

            Depuis, j'ai pris le temps d'étudier le Compte Administratif, et il est clair que la capacité de désendettement de la ville n'est pas extraordinaire, vu la hauteur de l'autofinancement brut. Je peux donc comprendre que les Conseillers municipaux aient eu envie d'arrêter les frais avec les cours couverts. Mais de là à opposer tennis et piscine…

            Pour ma part, j'estime que la piscine de plein air relève des loisirs, et est fréquentée en grande majorité par des habitants du Grand Troyes. C'est pourquoi j'avais proposé dès 2002 qu'elle soit transférée à la CAT. Si cela avait été accepté par l'équipe majoritaire, les finances de la ville s'en seraient mieux porté, et on n'aurait pas eu cet arrêt du projet, doublé d'un imbroglio dans la communication.

 

            Car sur la méthode, il y a à redire et on est loin d'une communication normale. Le Président du club n'a pas été invité à la mairie pour des explications. Il n'y a pas de solution alternative. Il n'est pas prévu de reporter d'un an. Et d'ailleurs les appels d'offres aux entreprises auraient été lancés pendant l'été.

            Bref, je ne comprends pas comment on peut être autant manquer de respect envers l'engagement de bénévoles.

Promettre / Etudier pendant 2 ans / Maintenir la promesse / Lancer les appels d'offre / Et… tout arrêter sans concertation

Du "jamais vu en Champagne-Ardenne" selon la présidente du comité départemental.

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07 décembre 2011

Quinze jours difficiles pour l'écologie politique

 EELV    Ça y est, on n'entend plus trop parler de la bourde d'Eva Joly et du parachutage de Cécile Duflot, et l'escamotage d'une partie de l'accord Verts-PS est derrière nous. Il était promis de faire de la politique autrement, mais on a plutôt eu un spectacle de politique n'importe comment…

Pour ce qui est de l'image des écologistes en politique, il faut distinguer le comportement, qui doit être exemplaire, de l'opportunité d'un accord politique de moyen terme, confronté aux objectifs à long terme de l'écologie. Bref, le premier point est facile à traiter, mais le second est plus complexe.

Sur le comportement, il faut dire que Cécile Duflot m'a bien déçu. Après son escapade aux Seychelles en avion, alors qu'elle sortait d'un sommet sur le climat, elle a récidivé avec le parachutage à Paris pour les législatives. Passons sur la "leçon de morale des socialistes", eux qui font régulièrement mieux (ou pire). Mais il faut constater que la secrétaire écolo ne souhaite pas prendre trop de risque : soutenue par le PS national dans une circonscription qui vote à plus de 2/3 à gauche, c'est pas très courageux.

Force est alors de reconnaître que les écologistes politiques commencent à ressembler de plus en plus aux autres politiques, la place semble compter au moins autant que le projet. Et un autre élu "de poids" nous donne le "bel" exemple : Jean-Vincent Placé, qui n'a pas quitté son poste de Vice-Président du conseil général, alors qu'il vient d'être élu sénateur. C'est sûr, il doit être irremplaçable,… mais ça donne plutôt l'impression que cet élu "de gauche" oublie ses origines modestes au contact des privilèges des grands élus. Donc, encore pas mal d'écarts avec l'exemplarité

 Bon, il fallait s'en douter. Avec le score qui approche les 10 %, l'écologie politique perd forcément de son intégrité.

Mais cela n'a rien à voir avec l'épisode Joly. Pour une fois, elle est plutôt dans le vrai, car une candidate à la présidentielle doit porter le projet de son parti, et non celui d'un hypothétique gouvernement Verts-PS. Eva a juste fait une erreur en ne répondant pas au journaliste qu'elle appellerait à voter Hollande. Ce qu'elle votera personnellement ne regarde qu'elle-même.

Quant à l'accord pour les législatives, il est nécessaire, vu le type de scrutin. Mais il aurait été mieux de faire l'accord après les présidentielles et un candidat plus efficace. Si Nicolas Hulot avait été choisi, c'est en meilleure posture que les négociateurs écolos se seraient présentés face à leurs collègues socialistes.

Ajoutons que sur le terrain local, ça donne des comportements qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'intérêt général. Dans la Marne, nous connaissons un élu dont le métier est maintenant d'être élu, et qui n'attendait que cela. Dans l'Aube, une autre élue, elle aussi maintenant "élue professionnelle", pense à une circonscription réservée…

 Mais, comme au niveau national, quelques questions se posent. Quelles compétences ont-ils pour occuper ce poste ? Souhaitent-ils se servir de cette élection pour développer l'écologie politique et rassembler vraiment ? Comment les idées vertes vont-elles se développer après ces échéances dans la société ?

N'oublions pas que EELV ne possède pas plus d'adhérents que les Verts de la belle époque (dans la Marne, ça ne décolle pas ; dans l'Aube, c'est nettement moins).

Nationalement, j'ai déjà déploré la contagion par la politique traditionnelle. Mais localement c'est pire, on est proche de l'arrivisme dans un cas, et la tendance au cumul de mandat est forte dans l'autre. Les postulants ne brillent pas par leurs actions en coopération avec des associations, et de nombreux écologistes de terrain n'ont plus aucun lien avec EELV.

Bref, il y a du travail pour passer d'une politique de l'image et du discours à une pratique réelle et désintéressée, qui fasse avancer toute la société.

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03 décembre 2011

Refus de médiation de la majorité

liberté de parole2     Tout d'abord, je tiens à préciser que je ne suis pas surpris. Au sein de la majorité municipale, la tendance à nier les problèmes est lourde.

            Je constate, à mon grand regret, que la personne que nous avions choisi en 2001 pour mener la liste, s'est révélée être de moins en moins une personne de dialogue.

            Enfin, il faut être lucide, le maire est très mal conseillé. Répondre par écrit et refuser un rendez-vous avec son Conseiller général quand on est dans une telle situation financière, c'est à coup sûr mal préparer l'avenir. A moins que dans les rangs de la majorité, le retour de la droite ne soit souhaité.

 

            En me demandant d'être médiateur, Alain Coillot avait en quelque sorte entravé ma liberté de parole, m'obligeant à une certaine neutralité. Jean-Jacques Arnaud vient de me la redonner.

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